WWF MADAGASCAR : Recommandation pour prévenir les marées noires dans l’Océan Indien

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Après la tragédie mauricienne. La côte sud-est de l’île Maurice connaît actuellement la pire marée noire jamais enregistrée dans l’Océan Indien occidental suite à l’échouement du « MV Wakashio » le 25 juillet 2020. Le pays est en état d’urgence environnementale. Cet incident fait partie d’une série d’accidents marins dans notre région, y compris un déversement de phosphate dans le sud de Madagascar en août 2009 et l’échouage massif de dauphins en 2008 suite à un sondage sismique sous-marin par Exxon Mobil dans le nord-ouest de Madagascar. Très clairement, les îles de l’Océan Indien, dont Madagascar, ne sont pas à l’abri de ces accidents. « Ce déversement d’hydrocarbures est une menace grave pour les ressources écologiques critiques, notamment les récifs coralliens, les poissons et les autres espèces côtières et marines de la côte sud-est de Maurice. Les impacts sur 2 300 pêcheurs et femmes artisans et les 1,5% du PIB de Maurice provenant de l’industrie de la pêche sont dévastateurs. Le WWF exhorte la coopération régionale pour nettoyer cette pollution par les hydrocarbures et recommande que le gouvernement de Maurice prenne des mesures énergiques pour obtenir une compensation adéquate en vertu de la Convention du Fonds de 1992 et de la Convention internationale sur la pollution par les hydrocarbures; La préparation, l’intervention et la coopération (OPRC) de 1990 et la Convention internationale de 2001 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures de soute seront investis dans la restauration de l’environnement », a déclaré Nanie Ratsifandrihamanana, Directrice de WWF Madagascar.

Mesures de prévention

Afin que de telles catastrophes soient évitées et bien gérées dans le futur, selon le WWF Madagascar, il est recommandé : D’arriver à disposer d’un financement adéquat pour l’Organe de lutte contre les évènements de pollution (OLEP), rattaché au Ministère de l’Environnement et du Développement Durable de Madagascar. Les cotisations que les pays doivent verser pour que l’OLEP travaille correctement ne sont pas honorées. Pourtant, c’est l’organe de coordination sous régionale dans la lutte contre la pollution maritime. D’alléger la procédure entre les pays de l’Océan Indien pour que l’intervention régionale contre les marées noires soit plus rapide. En effet, le Centre régional de coordination des opérations (CRCO) dont la principale fonction est de coordonner des actions conjointes en mer est basé aux Seychelles. Cet organe doit d’abord passer par le Ministère des Affaires Etrangères Malagasy pour que l’envoi des matériels, tels que absorbants, puisse se faire par l’OLEP à partir de ses centres de stockage à Madagascar. De renouveler les matériels de lutte contre les pollutions marines, car les matériels actuels datent de plus d’une décennie. Il est à noter que les absorbants sont à usage unique, et les pays utilisateurs, en cas de déversement, doivent remplacer rapidement les matériels utilisés, selon la Convention sur les Fonds internationaux d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (FIPOL). D’établir un accord contraignant de planification spatiale régionale pour l’utilisation de l’espace marin de l’Océan Indien occidental. Il est important de baser un tel accord sur des données scientifiquement fiables, dont un Atlas maritime pour appuyer toutes les décisions politiques et de gouvernance liées à la gestion des côtes et espaces océaniques. Le Centre Régional de Fusion d’Informations Maritimes (CRFIM), basé à Madagascar (ainsi que sa branche nationale), est déjà pleinement opérationnel, et a pour responsabilité d’échanger et partager des informations maritimes et d’alerter le CRCO aux Seychelles de toute activité anormale en mer. Il faut maintenant une volonté politique appropriée pour que ces organes puissent travailler effectivement et partager de manière transparente les informations qu’ils collectent. Ceci devrait enfin mener à une collaboration plus ouverte avec les autres types d’acteurs (partenaires, société civile, autres gouvernements même hors de la région, etc.).

Recueillis par Lynda A.

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